Signature de convention entre le MASA et les ONG, le coordonnateur du SPONG nous en dit plus

Signature de convention/ « J’ai même été personnellement surpris de constater que rien que 10 ONG sont arrivées à mobiliser 10milliards… »

Une cérémonie de signature de convention s’est tenue le jeudi 12juin 2014 entre le ministère de l’Agriculture et la sécurité alimentaire, et plusieurs Organisations non gouvernementales. Le coordonateur du SPONG, Sylvestre Tiemtoré ayant pris part à cette cérémonie revient sur les éléments essentiels de ladite rencontre.

Monsieur Sylvestre Tiemtoré, vous avez pris part à une signature de convention avec le ministère de l’agriculture et les ONG, de quoi s’agit-il exactement ?
La signature de convention entre le ministère de l’Agriculture et de la sécurité alimentaire avec les ONG et associations de développement, intervenant dans le domaine de l’Agriculture, s’inscrit dans l’application du nouveau décret que le conseil des ministres a pris, invitant les ONG étrangères à signer les conventions sectorielles, qui participeront à alimenter le dossier de convention cadre qu’il signe généralement avec le ministère de l’économie et des finances. Pour ce faire, il y a une vingtaine d’ONG qui ont déposé leur dossier de demande de convention, de partenariat avec le ministère de l’Agriculture, de la sécurité alimentaire, qui ont été examiné favorablement avec des plans d’investissement s’élevant à plus de 16 milliard et demi de francs CFA dans la période de 2014 à 2016 et de 7 milliards pour la seule année de 2014. La particularité de ces conventions est que dorénavant, les ONG signataires de ces conventions s’engagent à investir des ressources en adéquation avec les orientations prioritaires du ministère et aussi les cadres de mesure et de rapportage dudit ministère. Ceci permettra davantage une meilleure redevabilité des actions des ONG et un meilleur alignement de leurs priorités à celles du gouvernement.

Quel est le rôle du SPONG dans ce processus ?
Le SPONG en tant que faitière des organisations non gouvernementales a été conviée par le ministère à l’ouverture des travaux et à coprésider les travaux pour marquer son adhésion à une telle démarche et inviter les organisations membres de sa plateforme qui n’ont pas encore signé de telles conventions, à rejoindre les autres. Il faut noter que parmi les signataires de la convention, plus de la moitié sont des organisations membres du SPONG dont certains même font parti du conseil d’administration du SPONG. C’est vraiment en famille que nous nous sommes retrouvés, avec des ONG telles qu’OXFAM, Autre terre qui sont membres du SPONG et signataires de la convention. Nous ne pouvons qu’être présents à cette rencontre, avec aussi la direction du suivi et de promotion du partenariat avec les ONG qui était aussi représentée au côté du ministre de l’Agriculture et de la sécurité alimentaire.

Coodonateur du SPONG/ Sylvestre Tiemtoré

Coodonateur du SPONG/ Sylvestre Tiemtoré

Qu’est-ce que ces genres de conventions apportent selon vous ?
Ces genres de convention apportent de la lisibilité et de la visibilité dans les actions des ONG. J’ai même été personnellement surpris de constater que rien que 10 ONG sont arrivées à mobiliser 10milliards, cela veut dire que si nous arrivons à emmener les autres qui n’ont pas encore rejoint le rang des 10, on peut être surpris de constater que la contribution des ONG rien que dans le domaine des ONG peut atteindre les 100milliards pour les 3ans alors qu’il n’y a pas seulement le domaine de l’agriculture. Alors de telles conventions nous permettent d’apprécier la contribution des ONG par secteur. Si on le fait par secteur, cela signifie que du même coup, on répond à une difficulté de taille qui est celle d’alimenter les rapports des cadres sectoriels de dialogue et de contribuer donc en aval à alimenter le rapport de performance du gouvernement. C’est la preuve alors qu’on peut avoir donc une transabilité, une lisibilité des investissements des ONG sur le moyen terme et cela participe aussi à aider le gouvernement à voir quelles sont les autres contributions des autres acteurs à prendre en compte dans le domaine du développement.

Quel est votre message à l’endroit des ONG ?
En tant que représentant des organisations de la société civile au niveau de la SCADD, on ne peut que saluer de telles initiatives parce que cela va permettre aux ONG de s’aligner derrière les mesures nationales, et les priorités nationales. Nous avons dit aussi qu’au niveau de l’Etat ces genres de conventions doivent se poursuivre et avec une batterie d’information et de communication à l’endroit des ONG, et ne pas être un prétexte pour rompre les avantages que les ONG ont habituellement avec l’Etat mais plutôt un accompagnement des mesures transitoires afin que les ONG, au fil du temps normalisent leur convention avec les nouvelle directives. Mais cela ne doit pas être un prétexte pour le gouvernement de dire que les ONG qui n’ont pas signé, perdent du coup leurs avantages. Le deuxième message que nous avons livré est que pour les ONG nationales qui n’ont pas encore leur convention, on devrait travailler à les accompagner de sorte à ce qu’elles puissent avoir leur convention, pour normaliser leur procédure aussitôt que nous aurons une nouvelle loi sur les libertés d’association. Enfin, nous avons interpellé les ONG étrangères à emboiter le pas de ces ONG qui ont déjà pris leur courage et remplir les dossiers de formalité pour ces différentes conventions à le faire dans le plus bref délai. Aussi, nous restons disponibles au niveau du SPONG si nous somme sollicités à accompagner donc une telle initiative. L’un des points qui a fait l’objet de discussion était de voir s’il faut créer un cadre de concertation entre les ONG signataires de ces conventions et le ministère de l’Agriculture et de la sécurité alimentaire, et de désigner des chefs de file. Nous avons dit qu’il n’y a pas de problèmes qu’il y’ait un chef de file d’autant plus que cela nous permettra d’avoir un répondant qui va suivre la mise en œuvre des conventions qui va suivre la mise en œuvre des conventions au niveau des signataires, mais l’idée de créer un autre cadre en dehors du cadre sectoriel du développement rural, sécurité alimentaire et environnement nous inquiète parce que déjà pour faire fonctionner ce cadre n’est pas chose aisée et nous avons suggéré au ministre qu’il était important de voir dans le cadre sectoriel, développement rural, sécurité alimentaire est-ce qu’on ne peut pas consacrer des sous thématiques ou des sous sessions qui vont regrouper rien que les acteurs de l’Agriculture pour en débattre et lorsqu’on arrivera à l’environnement, on en fera de même et aussi au niveau des ressources animales. Sinon chaque ministère risque d’avoir son cadre et c’est le cadre sectoriel de dialogue qui va voler en éclat. C’est aussi le lieu de rappeler que le cadre sectoriel de dialogue de l’eau et de l’assainissement devrait être dans le cadre sectoriel de dialogue développement rural de façon globale. C’est une aberration d’avoir un cadre de l’eau à part et un autre qui regroupe 3 ministères à pat. Le quatrième ministère doit rejoindre le secteur du ministère rural sinon on n’est pas efficace de cette manière.

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